Jeudi 27 décembre 2007

 

Retraite : les régimes spéciaux devront cotiser 41 ans en 2016

                                                                                       

Les salariés qui refusaient de suspendre la lutte au cours des mois d’octobre et novembre avaient raison !

 

 

SUD-Rail a pris connaissance du projet de décret entérinant la contre-réforme du régime de retraite des cheminots.

 

Le ministre vient de mentir encore une fois, en déclarant à la presse que « toutes les organisations syndicales ont été étroitement tenues au courant de ce calendrier » : faux, la fédération SUD-Rail, l’union syndicale Solidaires n’ont jamais été contactées, et le gouvernement a refusé de nous répondre, considérant sans doute que l’aval tacite des confédérations lui suffisait …

 

C'est malheureusement sans aucune surprise que nous constatons que les 4 points fondamentaux de cette contre-réforme sont inscrits dans les textes.

 

ü        Allongement de la durée de cotisation à 40 ans puis passage automatique à 41 puis 42 en fonction de l'évolution du régime de la fonction publique et ce sans aucune autre forme de négociations.

 

ü        Application du mécanisme de décote diminuant très fortement le montant des pensions.

 

ü        Fin de l’indexation des pensions sur les salaires, conséquence de l’externalisation de la Caisse de Retraite hors de la SNCF, entérinant ainsi une baisse du pouvoir d'achat des cheminots pensionnés et la fin de la solidarité.

 

ü        Suppression des bonifications et instauration d'un double statut pénalisant les jeunes et futurs jeunes embauchés.


 

Pire, ce décret précise qu’à partir de 2012, la durée est augmentée « d’un trimestre au 1er juillet de chaque année jusqu’à atteindre la durée maximale » fixée par la réforme en 2003.

 

Cela confirme que la durée de cotisation dans les régimes spéciaux passera de 40 à 41 ans si cette évolution est actée en 2008 pour le privé et la fonction publique. A raison d’un trimestre supplémentaire à partir de 2013, les 41 ans seraient applicables au 1er juillet 2016.

 

La fédération SUD-Rail ne se résigne pas à la prochaine publication de ce décret. Considérant qu’il y a urgence à dépasser les divisions syndicales pour être capable de bloquer une offensive antisociale sans précédent,  elle contacte les autres fédérations syndicales de cheminots pour les convier à une rencontre interfédérale,  se donnant pour objectif d'organiser le plus rapidement possible la nécessaire riposte des cheminots.

 

 

Les grèves et manifestations prévues le 24 janvier

doivent être une étape dans l'unification de la riposte.

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Mercredi 26 décembre 2007
Vous avez dit privilégiés ?

 

Par Jacques Gaillard, écrivain ; ou la nécessité de distinguer les privilèges bateaux des bateaux des privilégiés.




Soyons clairs : les cheminots et consorts, en faisant grève, emmerdent l'immense majorité des Français. Mais ils rendent surtout un sacré service au pouvoir en place. Grâce à eux, il est devenu absolument indécent de poser une question cruciale : Qui est privilégié en France ?

 

Les grèves actuelles semblent accréditer l'idée que le privilège, c'est un contrat de travail spécifique, un statut procurant une protection particulière, une garantie d'emploi, de bonnes conditions d'accès à la retraite.


Certes, les « cheminots » (comme si ce mot n'avait pas, en soi, terriblement vieilli ... Il pue le charbon !) n'exercent certainement pas le pire des boulots, et ils sont carrément odieux lorsqu'ils évoquent des conditions de travail pathétiques : des millions de Français ne dorment pas tous les jours chez eux, passent des week-ends au poste, assurent des gardes et assument des responsabilités, et tout cheminot peut s'en rendre compte lorsque, frappé d'une crise lors de son shopping un dimanche matin dans la zone économique de son patelin, il trouve des infirmières en ordre de marche, de l'essence pour son auto, des renseignements sur son téléphone et mille autres damnés de la terre à son service (public). La pénibilité du travail des contrôleurs de trains, laissez-nous rire : c'est sur des blagues pareilles que les démolisseurs sociaux de la droite ont beau jeu de moudre leur grain.

 

Mais revenons à la question : qui est privilégié ?

 

Au niveau de salaire de ces travailleurs du train, il est absolument impossible de parler de privilège. Mais il faudrait en dire autant de dix ou douze autres millions de travailleurs. Je sais, le terme fait vieille gauche rouge, mais il a un sens.

 

Petite définition, car un privilégié, si l'on cherche une définition, c'est justement celui dont les revenus et le rang social sont sans commune mesure avec son travail, ses compétences ou son utilité sociale. C'est quelqu'un qui a le bonheur de gagner dix mille euros en déplaçant une épingle, alors que d'autres, pour déplacer une tonne, en gagneraient cinquante.

 

C'est le dentiste qui, travaillant trois jours par semaine, revend impunément une prothèse douze fois le prix qu'il l'a payée au prothésiste (il « a des frais »), en aggravant au passage la note pour une mutuelle, et se demande ensuite s'il rachète une deuxième grosse BMW ou s'il prend l'option « cris de bêtes d'Afrique » dans son 4x4.

 

Allez donc, après ça, chicaner à un cheminot une prime pour travail la nuit de Noël...

C'est le cadre très supérieur qui, comme plus d'un tiers des zozos de ce calibre, n'est à la tête de revenus annuels proches du demi-million d'euros, que par héritage (l'héritage de situation, disent toutes les études, est un facteur de recrutement supérieur à tous les MBA en France : regardez les noms des intéressés, feuilletez l'annuaire du MEDEF, on se croirait au Bal des Débutantes ou entre deux pages du Who's who).

 

Allez donc reprocher aux enfants de cheminots d'avoir pu, pendant des années, bénéficier de conditions facilitées de recrutement.


Le privilégié, c'est celui dont l'argent a si peu d'odeur qu'il peut l'entasser sans craindre le fisc, en accumulant les SCI à but lucratif, les studios en cours de paiement, les investissements sous les tropiques, les sociétés bidons aux soldes d'exercices perpétuellement négatifs.

 

Allez donc froncer le sourcil sur les fiches de paie des conducteurs de train.

 
Nous marchons sur la tête.

 

Quand on voit le niveau du marché immobilier à Paris ou sur la Côte d'Azur et le nombre de transactions supérieures à 1 million d'euros que réalisent des particuliers chaque jour, peut-on envisager qu'en travaillant deux ans de moins, les « régimes sociaux » vont
ruiner la France ?

 

Mieux : on stigmatise les artistes et les footballeurs grassement payés, mais que dire de tous ceux qui ne se sont donnés que la peine de naître, avec un patrimoine copieux et des rentes de situations qui les conduisent à la tête de sociétés qu'ils n'ont pas bâties et qu'ils ne dirigent pas vraiment, dans des conseils d'administration où ils traînent leur bleu-croisé comme ces vicomtes de jadis aéraient leurs dentelles, grands dépendeurs d'andouilles soucieux d'avoir leur photo dans « Voici » après avoir licencié deux mille personnes, ou d'ouvrir un musée d'art contemporain dont chaque pièce, chaque carreau, chaque centimètre carré, si l'on y réfléchit, a été payé par tous ceux qui, depuis trois générations, ont bossé pour la famille.

Qui oserait dire, pourtant, à la télé, à une heure de grande écoute, dans un de ces débats assommants où Jacques Marseille ricane et où l'UMP de service parle d'équité, que les dirigeants et les clients de LVMH sont plus privilégiés que les cheminots du dépôt d'Ivry ?

 

Les jouisseurs de richesse.

 

Cet été, je regardais le port de plaisance de La Ciotat.  Je m'y connais un peu en bateaux, j'ai une barcasse de 4m70 pour aller pêcher les girelles. Dans cet entassement de coques ensommeillées (la plupart ne sortent qu'un jour ou deux par an, en moyenne, évidemment), j'ai compté soixante-quatre « unités » dont le prix dépassait à l'évidence, hors entretien, le niveau de l'ISF.  Et le double, si l'on se place à 500 000 euros. Je suppose que les heureux possesseurs de ces beautés ne logent pas dans la rue, et j'aurais tendance à penser qu'ils ont une villa plutôt qu'un modeste deux-pièces. Le prix mensuel de l'« anneau » peut atteindre un SMIC, ce qui donne à penser que leurs revenus autorisent cette ponction.  Comptez une cinquantaine de ports de ce calibre entre Marseille et Nice, plus Marseille, plus Nice même chose pour le Languedoc, la côte Atlantique, la Corse, les ports étrangers. Bref, rien qu'à scruter les ports de plaisance, on se demande comment il se fait que si peu de foyers paient l'ISF en France.

 

Et qui possède ces splendeurs (qu'évidemment, je jalouse : il faut assumer ses désirs) ? Des profs ? Des infirmiers ? Des cheminots ? Des fonctionnaires ?

 

Ah non, ils ont d'autres privilèges, dit-on en Sarkoland.  Ils ont la garantie de l'emploi, ces salauds.

 

Je repose la question : qui achète ces trucs ? Eh bien, je suis allé questionner un marchand. Figurez-vous que ce marché roule sur les professions libérales (pas mal d'avocats et de notaires, tous les radiologues, beaucoup de médecins : il était temps que l'on augmente leur consultation de 10%), sur les gros commerçants (on sait que ce sont des damnés de la terre, voués à des retraites pitoyables), des « entrepreneurs » (de construction) et sur des « gens de l'immobilier ».

Plus une faune indéfinissable de gens qui « ont les moyens », que ce soit parce qu'ils vendent de l'andouille en gros, parce qu'ils exploitent un domaine viticole hérité, parce qu'ils ont des parts dans une société.

 

Bref, moins ils travaillent, plus ils empochent.

 

Je ne ris pas et je te mets au défi, toi qui me lis en me traitant de vieux bolchévik, de prouver le contraire. Mieux : budget de la santé, hausse des prix, gouffre des investissements publics, crise du logement, abus de biens sociaux et tyrannie des bénéfices financiers, mettez les maux dont nous souffrons en relation avec les sources de revenu de ces bienheureux.

Ils se disent, pour certains, « créateurs de richesse ». C'est faux : ils jouissent de la richesse qu'on crée pour eux.

 

Nous sommes au-delà de la rétribution, et même du profit légitime : sachez-le, notre pays a un cancer, c'est cette inégalité des destins, et il y a là une bombe. Le bateau de la République coule à pic Alors on comprend que cela vaut le coup, pour les défenseurs de la France-gling-gling, celle qui pète au Fouquet's et roucoule désormais à l'Elysée, de se payer les régimes spéciaux en grande urgence : ils ont l'opinion pour eux, le faubourg Saint-germain peut compter sur le Kremlin-Bicêtre pour taper sur le privilégié du dépôt Saint-Lazare.

 

Et pendant ce temps, travaillant plus pour gagner plus, le fils Machin des Tubes et Roulements Machin, grâce à une OPA amicale, gagne en huit secondes ce qu'un cheminot gagnerait en huit cents vies.

 

Le malheur, c'est qu'on se vautre dans les rituels d'une grève poisseuse, avec ses « otages » et ses « galères », ; avec ses micros-trottoirs et ses micros-quais pleins de haine ou de résignation : pas un mot, dans le commentaire journalistique, pour situer la vie des privilégiés de la SNCF, de GDF et d'EDF (qui ne paient pas leurs factures d'énergie, les salauds !) en la comparant à celle de vrais privilégiés.

 

La mauvaise habitude est prise : on admire trop les riches, désormais, pour se demander si leur richesse est légitime.


Nous sommes intoxiqués. Nous sommes complices. Nous sommes foutus.

 

Le char de l'Etat roule dans la joncaille, et le bateau de la République, qui carburait au social, coule à pic dans les vagues du yacht de Bolloré. Plouf !

Jacques Gaillard, écrivain.

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Dimanche 23 décembre 2007
 

ATTAC

 (Lille, Villeneuve d’Ascq, Roubaix-Tourcoing, Littoral Nord,

Sambre-Avesnois, Valenciennes)

 

Vous invite à un

 

                                               Débat régional sur le Traité européen

 

Avec

 

Raoul-Marc JENNAR

 

 

Lundi 7 janvier 2008 à 20 heures

A l’ESPACE MARX

6 bis rue Roger Salengro, Hellemmes (métro Marbrerie)

 

 

 

Exigeons un référendum

Signez en ligne : http://www.nousvoulonsunreferendum.eu/index.php

 

Nous le montrerons: ce texte est semblable à la Constitution rejetée, il n’est pas moins libéral, et il ne « débloquera » pas l’Europe, sauf pour ceux qui confondent déblocage et libéralisation.
Il constitue une menace grave sur le plan social et pour les services publics. C’est pourquoi « ils » veulent le soustraire à la démocratie.

 

 

 

Avec  le soutien de :

Collectifs antilibéraux, Fondation Copernic, Amis du Monde diplomatique, PCF (Fédération du Nord), LCR 59, Coordination communiste 59, Solidaires, CréA (Douai), AlterEkolo, Gauche alternative...


LE DOUBLE MENSONGE DE SARKOZY

 

Nicolas Sarkozy, durant la campagne présidentielle : « J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire, afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner ».

 

- Un traité "simplifié" ? Le traité comporte plusieurs centaines de pages avec 359 modifications des traités existants, douze protocoles et quelques dizaines de projets de déclarations ayant la même valeur juridique que les traités.

 

- Limité aux institutions ? Il reprend, pour l’essentiel, le contenu du Traité constitutionnel européen (TCE) qui a été rejeté par les Français et les Néerlandais sans tenir le moindre compte des critiques émises lors de la campagne du référendum.

 

UNE REPRISE DU PROJET DE CONSTITUTION, MAIS ILLISIBLE

 

« Une nouvelle écriture du texte original qui contient l’essentiel de la Constitution européenne ». Valéry Giscard d’Estaing, père du projet de Constitution

« Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du Traité constitutionnel, et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l’objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un Traité devenu incolore et indolore. L’ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l’opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l’on n’ose pas lui présenter en direct ! ». Valéry Giscard d’Estaing, Le Monde, 14 juin 2007

"La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait." Angela Merkel, chancelière allemande

"Nous n’avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution. C’est sans aucun doute bien plus qu’un traité. C’est un projet de caractère fondateur, un traité pour une nouvelle Europe."José Luis Zapatero, Premier Ministre du Royaume d’Espagne, discours du 27 juin 2007

« Il a été décidé que le document devrait être illisible. S’il est illisible, c’est qu’il n’est pas constitutionnel ; c’était là l’idée… Si vous parvenez à comprendre le texte au premier abord on risquerait des appels à référendum, parce que cela signifierait qu’il y a quelque chose de nouveau. » Giuliano Amato, ancien Président du Conseil Italien, ancien vice-président de la Convention sur l’Avenir de l’Europe

Les services publics toujours soumis à la concurrence

Ils ne peuvent y déroger que si cela n’entrave pas le développement des échanges « dans une mesure contraire à l’intérêt de la Communauté ». (art. 86 TFUE) C’est la Commission qui est juge des dérogations possibles. Elle a ainsi tout pouvoir pour ouvrir les services publics à la concurrence. C’est la porte ouverte à la poursuite de la libéralisation des services publics.

Le libre-échange toujours sans bornes

La politique commerciale de l’Union se fixe pour objectif « d’encourager l’intégration de tous les pays dans l’économie mondiale, y compris par la suppression progressive des obstacles au commerce international » (nouvel article 10A TUE repris du TCE).

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Vendredi 21 décembre 2007

Mardi 18 décembre, la CGT a organisé une rencontre « interfédérale » en n’invitant ni SUD-Rail, ni FO !

 

SUD-Rail regrette ces pratiques sectaires : la division syndicale ainsi organisée affaiblit les cheminot-e-s face à la direction et au gouvernement.

 

l    Pourquoi la fédération CGT des cheminots exclue-t-elle SUD-Rail et FO ?

l    Pourquoi la fédération CGT des cheminots choisit-elle de faire l’unité seulement avec UNSA, CFDT, CFTC, CGC ?

 

Les fédérations SUD-Rail et FO sont-elles exclues parce qu’elles disent la vérité sur la menace des décrets entérinant la contre-réforme de notre régimes de retraite ?

 


Une manifestation nationale unitaire des cheminoit union-sacree-copie-1.jpg s, ça peut être une bonne initiative, pour peu qu’elle soit vraiment unitaire et que les revendications soient claires …

 

La CGT fait cette même proposition dans les différents secteurs concernés par les régimes spéciaux, sans avancer de date : SUD-Rail pense que ce serait mieux de faire ensemble, le même jour.

 

De nombreuses fédérations de fonctionnaires (dont SUD/Solidaires et FO !) appellent déjà à la grève et à des manifestations le 24 janvier : alors, « tous ensemble » le 24 janvier, ce serait plus utile, non ?

 

Et puisque de nombreuses fédérations de différents secteurs appellent d’ores et déjà à des grèves et manifestations dans cette seconde quinzaine de janvier, ce serait plus efficace que toutes les organisations syndicales travaillent à organiser un mouvement interprofessionnel non limité à 24 heures et unitaire …

 

La fédération SUD-Rail dénonce le sectarisme : face aux graves attaques envers les salariés, c’est d’unité dont nous avons besoin !

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Mercredi 19 décembre 2007

Le 10 décembre 2007

François HOLLANDE

Premier secrétaire

Parti Socialiste

10 rue de Solferino

75333 PARIS Cedex 07

 

Monsieur le Premier secrétaire,

 

Dans un article du journal l’Est républicain, daté du 23 novembre, vous portez un certain nombre de jugements sur le mouvement syndical (ces éléments ont été repris dans le journal Sud Ouest du 26 novembre). Le journaliste vous fait dire : « En revanche, le syndicat que nous devons combattre, c’est SUD, le syndicat qui ne cherche que la lutte, en lien avec la LCR ».

 

Si cette citation s’avérait exacte, - dans le cas contraire elle devrait faire l’objet d’un démenti officiel au journal -, elle serait d’une extrême gravité. Elle contient deux contrevérités, contrevient à un principe fondamental et constitue une déclaration de guerre contre notre organisation syndicale. Vous affirmez que SUD « ne cherche que la lutte ». Si la création de rapports de forces nous paraît essentielle pour espérer faire aboutir nos revendications, les organisations membres de l’Union syndicale Solidaires participent aux négociations lorsqu’elles y sont invitées et signent des accords quand ils sont favorables aux salariés. Cette première affirmation est donc totalement erronée. L’Union syndicale Solidaires « ne cherche » que la satisfaction des revendications.

 

Votre déclaration est par ailleurs particulièrement pernicieuse quand vous affirmez que nous serions « en lien avec la LCR ». L’Union syndicale Solidaires est indépendante de tout parti politique, quel qu’il soit. Sa stratégie est définie dans ses instances élues par ses adhérents.

 

Cette affirmation, dont vous n’apportez pas l’once d’une preuve, est totalement gratuite et vise manifestement à essayer de diaboliser notre organisation. Votre déclaration remet enfin en cause un principe fondamental, celui de l’indépendance syndicale, puisque vous vous permettez de porter des jugements de valeur sur les stratégies mises en œuvre dans un conflit social. Le temps est pourtant passé où un parti politique pouvait penser diriger le mouvement syndical ; l’histoire nous montre les impasses dans lesquelles ont pu se retrouver tant les directions syndicales que les partis politiques qui ont mis en œuvre cette pratique.

 

Ainsi, à vous lire, le seul syndicalisme qui vaille d’exister serait celui qui vous convient ! …/…

 

Il est assez naturel qu’il puisse y avoir des différences de point de vue sur tel ou tel aspect de la vie sociale entre le parti que vous représentez et notre Union syndicale, ce d’autant plus que la fonction des partis politiques et celle des organisations syndicales sont différentes. Tout ceci fait partie de la vie démocratique. Il n’est par contre pas acceptable que vous tiriez de ces divergences la nécessité de « combattre » notre organisation. Au moment où le mouvement syndical est l’objet d’attaques du patronat et du gouvernement, votre déclaration est une carte blanche donnée à la répression contre nos adhérents, indigne d’un dirigeant d’un parti de gauche et républicain.

 

Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie de croire, Monsieur le Premier secrétaire, à l’expression de mes salutations syndicalistes.

 

Annick COUPE

Déléguée générale

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Mercredi 19 décembre 2007

Réponse de Solidaires Nord-Pas-de-Calais aux propos de François Hollande au journal SUD OUEST, dans lequel il se félicite de l’évolution réformiste de la CGT. « On a intérêt à ce qu’elle évolue (la CGT). Le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD ».

                                                                                             

 

 

Lille, le 13 décembre 2007

 

 

 

A l’attention des élus et responsables

du parti socialiste

 

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

 

 

Nous avons lu avec stupéfaction l’article « Où est le PS ? » du journal « SUD OUEST » du 27 novembre 2007 dans lequel François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste dit vouloir combattre le syndicalisme SUD.

 

Déclarer vouloir combattre des syndicalistes dans un pays démocratique est déjà indigne du porte-parole d’un parti politique. Mais quand ce porte-parole est censé représenter le premier parti de la gauche, notre stupéfaction fait place à l’incompréhension et à la colère.

 

Parce qu’à Solidaires, c’est comme ça qu’on appelle l’union syndicale qui représente, entre autres, les syndicats SUD comme François Hollande nous appelle, notre combat, à nous, c’est de nous opposer à la violence des mesures que cette droite extrême au pouvoir impose au monde du travail et aux plus démunis.  Des mesures qui créent une société où le « marche ou crève » est en train de devenir la règle.

 

Notre combat à nous, c’est la lutte contre l’injustice sociale, contre toutes les formes d’exclusion et de précarité qui n’ont cessé de progresser ces dernières décennies.

 

Notre combat à nous, c’est de s’opposer à la remise en cause de tous les principes de solidarité qui fondent la base de notre société (retraites, assurance-maladie, services publics), de s’opposer au démantèlement du code du travail, de l’Université et du droit de grève qui n’ont jamais autant été menacés.

 

Notre combat à nous, c’est celui pour les libertés, déjà malheureusement fortement secouées par la politique liberticide du gouvernement précédent et plus particulièrement par son ministre de l’intérieur d’alors, qui a déjà mis en pratique plus d’une douzaine de points du programme d’un parti fasciste.

 

Notre combat à nous, c’est celui pour l’Egalité, bafouée elle aussi par une politique bâtie sur l’exclusion, le rejet de l’autre, le refus de la différence.  

 

Notre combat à nous, c’est celui pour la Fraternité, souillée par un programme politique inspiré par un courant de pensée qui considère l’hérédité comme responsable de tous les maux de la société. Idéologie qui consiste à vouloir mettre au ban de la société toutes celles et ceux qui ne seraient pas « socialement acceptables » ou encore « économiquement viables ». Un courant de pensée qui a inspiré, faut-il le rappeler, les pires formes de répression et de discrimination de notre histoire.

 

Notre combat à nous, c’est stopper une droite adossée au MEDEF qui ne cesse d’enfoncer des coins dans les acquis du salariat : réforme des retraites, réforme de la sécurité sociale, réforme du code du travail, mise en place du Contrat Nouvelle Embauche (CNE),  remise en cause des 35 Heures et plus généralement la multiplication des mesures de flexibilité.

 

Notre combat à nous, c’est stopper la menace qui pèse sur les valeurs humanistes qui ont fondé notre histoire, de la révolution française à nos jours en passant par les acquis sociaux issus du Front Populaire, du Conseil National de la Résistance, et plus proche de nous des droits gagnés après la révolte de mai 68 et avec l’arrivée de la gauche de 81.

 

Notre combat à nous, c’est de nous opposer à une politique menée par un président qui n’hésite pas à revisiter l’histoire de notre pays en présentant les croisades et la construction des cathédrales comme les grands moments de cohésion nationale de notre histoire. Un président pour qui la Liberté, l’Egalité et la Fraternité seraient devenues des concepts rétrogrades et qui préfère se référer à la valeur travail, à l’identité nationale et à la place de la famille dans les fondements de notre société, renouant ainsi avec un épisode peu glorieux de notre passé. Un président dont les références politiques (Thatcher, Reagan, Berlusconi, …) ont tous en commun d’avoir été des chefs d’état de combat. Un combat destiné à briser la moindre résistance sociale. Un combat qui va généralement de pair avec des atteintes aux libertés, une régression culturelle et une vision rétrograde du monde. 

Notre combat à nous, c’est le refus des politiques européennes libérales dont on connaît les conséquences : les privatisations des services publics, leur dépérissement, l’éclatement des droits sociaux, le démantèlement des systèmes de protections sociales. C’est aussi le développement du dumping social, la concurrence entre les pays et les salariés. Toutes ces politiques là, on les connaît et on essaye de les combattre depuis des années dans nos secteurs professionnels et interprofessionnel.

Notre combat, c’est celui pour la construction d’une Europe qui place au cœur de son projet la satisfaction des besoins de la population. C’est celui pour permettre à l’Europe de se construire  sur de nouvelles fondations qui l’émancipent du capitalisme financier, qui la réconcilient avec le progrès social, la démocratie, un développement soutenable, la coopération entre les peuples, qui portent la paix dans un monde déchiré par les guerres. Une Europe du droit pour toutes et tous à l’emploi, mobilisée contre le chômage, la précarité et la dégradation du cadre de vie. Une Europe qui renforce les garanties sociales, les retraites, le salaire minimum, les services publics et veille à la stricte application de l’égalité entre les hommes et les femmes. Une Europe qui met en œuvre un développement économique compatible avec les équilibres écologiques. Une Europe démocratique, fondée sur la pleine citoyenneté de tous ses résidents, défendant la diversité culturelle, respectant la laïcité. Et Pour que cette Europe si nécessaire devienne possible, il faut partout donner la parole aux citoyens aux salariés en commençant par imposer un référendum, comme le parti socialiste s’y est d’ailleurs engagé pendant la campagne présidentielle.

Alors oui, face à cela, nous les SUD, comme François nous appelle, combattons une politique dangereuse pour la Liberté, l’Egalité et la Fraternité, nous combattons un programme dangereux pour le monde du travail et indigne du pays des droits de l’Homme.

 

Alors oui, face à cela, nous les SUD, comme François nous appelle, appelons l’ensemble des salariés, les chômeurs, les exclus, à se mobiliser et à mobiliser autour d’eux pour créer les conditions favorables à la construction d’une opposition parlementaire antilibérale et altermondialiste issue du mouvement social. Pour construire les conditions d’une riposte sociale indispensable au refus de cette société bâtie sur l’exclusion, l’intolérance, l’oppression et la répression.

 

Alors oui, face à cela, nous les SUD, comme François nous appelle, appelons au rassemblement de toutes celles et ceux qui entendent s’engager dans la résistance à la régression. Nous appelons à la mobilisation de l’ensemble des forces démocratiques du pays (syndicats, associations, mouvement social, partis politiques, …) pour remettre l’homme au centre de la société. Nous appelons à renverser la dictature médiatique imposée par les grands groupes industriels au service de leurs seuls intérêts. 

 

Aujourd’hui, jamais la France n’a eu autant besoin d’une opposition forte et déterminée. Alors, on ne comprend pas quand François veut combattre les syndicalistes de SUD, dont beaucoup d’ailleurs sont aussi des militants socialistes. On ne comprend pas quand François veut combattre ceux qui défendent les salariés plutôt que ceux qui les exploitent. On ne comprend pas quand François dépense son énergie à vouloir combattre des syndicalistes, alors que notre pays est en train de céder sous les coups de boutoir idéologique d’une droite extrême.

 

Alors oui ! Où est la gauche ? Cette question n’a jamais autant été légitime, tant elle est chargée d’inquiétude et d’espoir à la fois. Alors cessez de vous recroqueviller derrière la seule idée du pouvoir. Arrêtez de croire que rien n’est possible parce qu’il y a le « Marché », « la mondialisation » ou quoi d’autre encore ! Le Monde c’est chacun d’entre nous.  Il est ce que nous en faisons. Cela n’a rien d’utopique, il suffit d’en avoir la volonté. Dans notre société, ça s’appelle faire de la Politique. 

 

 

Alors François Hollande, ne te trompe pas de combat !

Alors camarades socialistes, dites nous où est le PS ! 

 

 

L’Union Syndicale Solidaires Nord-Pas-de-Calais

Les syndicats SUD, comme François nous appelle, et plein d’autres qui ne s’appellent pas SUD mais qui ont participé à la rédaction de cette lettre.

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Jeudi 13 décembre 2007

 

Les cheminots sont très attachés à l’unité syndicale et savent que dans cette période c’est une absolue nécessité pour gagner sur les quatre points fondamentaux de la contre-réforme imposée par le gouvernement : si nous perdons sur l’allongement des cotisations, sur la décote, sur l’indexation sur les prix, sur le double statut entre actuels et futurs embauchés, tout le monde perdra sur les 41 ans, ou plus, de cotisation ce qui entrainera une nouvelle baisse des pensions pour l'ensemble des salariés.

 

La fédération SUD-Rail regrette que l'interfédérale de ce jour n'ait réuni que les fédérations de cheminots FO et SUD-Rail.

 

La direction a annoncé aujourd’hui la suppression de la table ronde du 18 décembre (conclusive avant-hier, point d'étape hier). François Fillon a, par contre, déjà fait part à la presse de son intention de publier les décrets dans les tout premiers jours de janvier sans attendre la fin des réunions de négociations repoussées à février 2008.

 

Ces deux annonces changent la donne et imposent au gouvernement de nous donner une réponse quant à cette date de promulgation, au plus tard le vendredi 14 décembre, date de la dernière table ronde de la série définie le 21 novembre.

 

La publication des décrets signifie la fin de négociations pouvant porter sur les questions de fond. Le gouvernement provoquera-t-il au point de publier les décrets dans les prochains jours, pour bien montrer que la suite des

« négociations » ne saurait porter sur le fond ? Cela nous obligerait à en appeler très rapidement à une mobilisation des cheminots dans l’unité syndicale la plus large possible.

 

St Denis, le 12 décembre 2007. 21h00

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Lundi 10 décembre 2007

 

 

Ces dernières semaines, le conflit autour des régimes spéciaux a relancé le débat sur l'avenir des retraites. Présentées au nom de l'équité, les mesures du gouvernement visent à appliquer aux salariés des régimes spéciaux celles prises contre les salariés du privé et contre les fonctionnaires, comme si une injustice pouvait être supprimée en la généralisant.

 
Ces mesures ont d'abord aggravé les inégalités pour toutes les personnes aux carrières heurtées. Les femmes, qui ont déjà des pensions en moyenne inférieures de 40 % aux hommes, sont particulièrement touchées par l'allongement de la durée de cotisation et par les effets très pénalisants de la décote. En effet, à ce jour, seulement 39 % des femmes retraitées ont pu valider 37,5 ans contre 85 % des hommes. Sont touchés d'une manière générale les chômeurs, précaires, petits boulots, temps partiels, et les jeunes générations qui débutent plus tard dans la vie active.

Depuis 1994, pour les salariés du secteur privé, ces mesures entraînent, selon le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC), une baisse du pouvoir d'achat de la retraite du régime général de 0,3 % par an et de 0,6 % par an de la retraite complémentaire, celui de la retraite des fonctionnaires baissant de 0,5 % par an. Ces baisses devraient se poursuivre dans le futur et le décrochage par rapport aux salaires s'accentuer. Ainsi, entre 2003 et 2030, le salaire réel moyen devrait progresser de 56 % contre 9 % pour les retraites du secteur privé. Devons-nous considérer ces évolutions comme inévitables face aux évolutions démographiques ?

Il est indéniable que le nombre de retraités va augmenter de façon importante ces prochaines années. La question préalable, que le gouvernement se garde bien de poser, est la suivante : s'il doit y avoir plus de retraités, ce que personne ne conteste, faut-il, oui ou non, leur consacrer une part plus importante du revenu national ?

La part des retraites est aujourd'hui de 12,5 % du PIB. Si nous voulons maintenir le niveau des pensions par rapport aux salaires, elle devrait passer, selon le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) de 2001, à 18,5 %. Doit-on partir du postulat qu'une telle augmentation n'est pas supportable par l'économie française ? Pourtant la part des retraites a augmenté de plus de 7 points de PIB depuis 1950, sans provoquer de cataclysme.

Il s'agit donc de poursuivre dans l'avenir un effort similaire à ce qui a été fait ces dernières décennies. Le COR note d'ailleurs le faible impact financier, estimé à 0,3 point de PIB, d'un retour aux 37,5 annuités pour le secteur privé.

Pour couvrir cette évolution, il faudrait, toujours selon le même rapport, dans le pire des cas, une augmentation de 15 points du taux de cotisation à l'horizon 2040, soit 0,37 point par an. Il est difficile de croire qu'une telle augmentation pourrait mettre toute l'économie à terre. De plus, comme le note le rapport de janvier 2007 du COR, qui s'appuie sur les dernières projections de l'Insee, les perspectives démographiques se sont notablement améliorées depuis les précédentes estimations. Les besoins de financement en seront donc diminués d'autant. On le voit, le catastrophisme n'est pas de rigueur.

En tout état de cause, aucun nouvel allongement de la durée de cotisation ne peut se justifier. Le récent rapport du COR de novembre 2007 indique que le besoin de financement supplémentaire des retraites, avec la réglementation actuelle, ne serait que de 1 point de PIB en 2020, c'est-à-dire moins que la marge d'erreur des projections économiques sur la période, et seulement de 1,7 point à l'horizon 2050 ! Pourtant le gouvernement a annoncé son intention d'augmenter encore en 2008 la durée de cotisation pour tous les salariés, du privé comme du public, le Medef proposant carrément de la porter à 45 ans.

Une vision catastrophique est d'autant moins fondée qu'un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la richesse créée dans les entreprises, est tout à fait envisageable. Il n'est pas acceptable de considérer comme pérenne la baisse très importante de la part des salaires ayant eu lieu ces dernières années (près de huit points), alors que, dans le même temps, la productivité du travail a continué de croître fortement (plus de 50 % en vingt ans).

Un tel rééquilibrage de la part des salaires, qu'une augmentation des cotisations patronales peut amorcer, aurait d'ailleurs des effets neutres sur la compétitivité des entreprises s'il était compensé par une baisse des dividendes versés aux actionnaires.

On le voit, des solutions existent, mais le gouvernement refuse même de les envisager. Ne restent plus alors que des mesures hypocrites et dangereuses, comme l'augmentation de la durée de cotisation. Hypocrite, car, au vu de l'état du marché du travail, il sera de plus en plus difficile de cumuler les annuités requises pour avoir une pension à taux plein. Les entreprises se débarrassent de leurs salariés bien avant 60 ans (6 salariés sur 10 sont hors emploi au moment de liquider leur retraite), les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières discontinues et n'arrivent déjà pas à réunir le nombre d'annuités demandé. L'augmentation de la durée de cotisation se traduira donc en pratique par une retraite réduite pour le plus grand nombre. Seuls ceux qui en auront les moyens pourront, à leurs risques et périls, se tourner, avec des assurances privées, vers la capitalisation, augmentant ainsi l'iniquité au lieu de la réduire.

Dangereuse, car elle reviendrait à rompre le contrat entre générations. Si les actifs paient les pensions des retraités, en contrepartie, les salariés âgés laissent leur place sur le marché du travail aux nouvelles générations. Cette exigence est d'autant plus forte que le chômage de masse perdure. Décaler l'âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que de payer des retraites.

C'est dire que la lutte des salariés des régimes spéciaux renvoie à des problèmes fondamentaux. Ils refusent la perspective d'un alignement sans fin vers le bas de la protection sociale. Butte témoin d'une époque où le mot réforme était synonyme de progrès social, ils sont voués à la vindicte et à la hargne de ceux qui considèrent que hors du CAC 40, point de salut.

Ils refusent la logique en trompe-l’œil du "travailler plus" alors même que les conditions de travail dans les entreprises se détériorent sans cesse et que la souffrance au travail se développe avec l'apparition de nouvelles pathologies. Bref, ils portent un combat porteur d'avenir qui pose la question de la place du salariat dans son rapport au capital et à la logique du profit.

Jean-Marie Harribey est coprésident d'Attac.

Pierre Khalfa est secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Dimanche 9 décembre 2007

Syndicat CGT

PCA MULHOUSE

Route de Chalampé

BP 1 403

68071 MULHOUSE CEDEX

 

                                                                                    Bernard THIBAULT
                                                                                    Secrétaire Général de la CGT

                                                                                    

                                                                                    Mulhouse, le 16 novembre 2007

 

 

Cher Camarade,

 

Nous n’avons pas du tout apprécié ta proposition au gouvernement de négocier les retraites des régimes spéciaux, régime par régime ou entreprise par entreprise.

 

Quand on engage un combat comme toute la CGT l’a engagé pour la défense des régimes spéciaux de retraite et que ce combat a des conséquences pour la protection du régime général que Sarkozy veut remettre en cause en 2008, on se donne les moyens de le gagner et on ne divise pas les travailleurs en lutte dès la première minute comme tu l’as fait.

 

Quand la grève est massivement suivie comme à la SNCF, la RATP ou à l’EDF, on essaie d’abord de créer et de renforcer le rapport de force et pas d’affaiblir ses propres troupes en les divisant avant de négocier sur le terrain de l’adversaire.

 

Ton attitude nous rappelle malheureusement celle de la CFDT en 1995. On sait ce qu’il en a résulté ! Nous peinons tous les jours à gagner la confiance des travailleurs dans le syndicalisme et la CGT. Tu viens de démolir, par ton intervention, des efforts de mois et d’années.

 

Nous essayons, bien souvent à contre courant, de lutter contre les préjugés sur les fonctionnaires et de militer pour la solidarité et la convergence des luttes du privé et du public pour un retour à 37,5 annuités. Tu viens de saboter cet effort.

 

Nous espérons que les grévistes de la SNCF, de la RATP et de EDF, que les militants CGT de ces secteurs auront la force de continuer et de gagner malgré toi et nous leur envoyons toute notre solidarité dans leur combat.

 

Le syndicat CGT

PCA Mulhouse

 

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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Jeudi 6 décembre 2007

Syndicat SUD-RAIL de Lille
37, rue de Tournai
59000 Lille

 

A

 

Monsieur le directeur

de la région SNCF de Lille

33, avenue Charles St venant

59000 Lille

 

 

Lille, le 5 décembre 2007

 

 

Monsieur le directeur,

 

 

Nous avons pris connaissance de l’organisation d’une manifestation sur notre région destinée à remercier « les cadres qui ont été vraiment en première ligne pendant la grève ».

 

Nous tenons à vous faire part de notre indignation, quant à l’organisation d’un tel événement. Non seulement parce que cette attitude discriminatoire oppose une partie des salariés à une autre et ne peut que participer à l’instauration d’un climat délétère au sein de l’entreprise, mais qu’elle participe également et surtout à une remise en cause idéologique du droit de grève.

 

Pour justifier votre attitude, vous évoquez la position difficile de cet encadrement partagé entre leur opinion personnelle et leur attachement au service public et la nécessité de les remercier. SUD-RAIL tient à vous rappeler que c’est aussi le lot quotidien de l’ensemble des cheminots de la région, qu’ils soient grévistes ou pas.

 

Cette position manichéenne qui consiste donc à identifier, d’un coté les non-grévistes comme des personnes responsables et soucieuses de l’entreprise et de l’autre coté les grévistes comme responsables de tous ses maux est tout simplement intolérable et reflète d’ailleurs la « qualité » du dialogue social qui s’est instaurée depuis votre arrivée avec les organisations syndicales.

 

Aujourd’hui, ne vous étonnez donc pas de la polémique et du caractère injurieux de certains écrits ou réactions. Même si nous n’en sommes pas les auteurs, nous pensons que ce n’est malheureusement là que le juste retour des choses à ce que nous considérons, à SUD-RAIL, nous comme une injure faite à tous les cheminots de la région, qu’ils aient été en grève ou pas.

 

Veuillez recevoir, monsieur le directeur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.


Pour le syndicat
Philippe Floury

 

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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