Mardi 12 février 2008
 

 

NEGOCIATIONS SALARIALES :

LES CHEMINOTS DOIVENT S’IMPOSER

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La richesse produite augmente plus vite que les salaires. Mais les fins de mois sont toujours plus difficiles. A tous ceux qui croient que c’est « inéluctable », à tous ceux qui pensent « qu’il n’y a rien à faire », à tous ceux qui doutent « que ce soit possible », nous disons que ce sont ceux qui véhiculent cette petite musique lancinante qui augmentent très largement leurs propres revenus.

De l’’argent il y en a. Mais sa répartition est de plus en plus inégale.

Revendiquer et lutter pour des augmentations de salaire n’est rien d’autre que faire œuvre de justice sociale. C’est le combat de SUD-Rail.

 



TOUJOURS MOINS POUR LES SALAIRES

 


L’INSEE (institut national de la statistique) a publié un document reprenant la variation de la part des salaires dans la richesse nationale. L’augmentation de la part salariale a été ininterrompue depuis la fin de la 2ème guerre mondiale et a stoppé en 1982. Depuis, elle est en baisse constante. C’est le cas dans tous les pays.

 

Cette part des salaires dans la richesse produite est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2% en 2006. Parallèlement les taux de profit des entreprises ont explosé au point de doubler entre 1982 et 2006. Cela signifie que non seulement la productivité n’a pas profité aux salariés mais qu’elle a uniquement servi à augmenter les profits des actionnaires. Il s’agit donc d’un véritable hold-up sur le travail des salariés.

 

La date d’inversion de tendance n’a rien d’un hasard. Elle correspond à l’offensive néolibérale qui s’est caractérisée par les victoires de Thatcher et de Reagan, prolongée par les tournants « de la rigueur » en France.


 


En France, le salarié serait un privilégié !

 


Quand les gouvernements successifs et le Medef insistent lourdement sur les soi-disant privilèges exorbitants des salariés en France, ils oublient plusieurs données :

-          de tous les pays d’Europe, nous sommes le pays (avec la Bulgarie) où il y a le plus de salariés payés uniquement au SMIC, avec 15,1 %. Un tiers des salariés en CDD est au SMIC !

-          Le coût du travail par équivalent temps plein et le salaire mensuel sont inférieurs à la moyenne de l’Europe des 15 (hors anciens pays de l’Est) ;

-          La progression des salaires en France est, avec l’Autriche, la plus faible d’Europe depuis 1996 ;

-          Le coût du travail a augmenté de 1,6% en moyenne en France de 1996 à 2004, contre près de 8% par an au Royaume Uni ;

 

Par contre, le journal Les Echos a montré que les patrons français sont les mieux payés d’Europe. Qui plus est, selon le quotidien La Tribune, la rémunération de 77% des grands patrons du CAC 40 a augmenté de plus de 40% (!!!) entre 2006 et 2007.

Nous voyons bien que l’objectif de la propagande médiatique sur les privilèges, les conservatismes, n’a qu’un but : nous culpabiliser pour nous arracher encore et toujours plus de nos droits et de notre salaire.


Pendant ce temps les profits s’envolent, les inégalités se creusent, le cout de la vie augmente.

 


RECUPERER NOTRE DÛ

 


Ainsi selon l’INSEE, le transfert de richesse des salaires vers les actionnaires correspond pour les salariés à une baisse de nos revenus de 14% en 20 ans.

Toutes les catégories de salariés ont été spoliées. Que ce soient les ouvriers, employés, techniciens ou les cadres. C’est ce que montre le resserrement de l’écart entre les salaires les plus élevés et les plus faibles. La pression patronale pour bloquer les salaires touche tous les salariés. Nous réclamons notre du.

 

Une première mesure devrait être de revenir à la situation du pouvoir d’achat de 1982. Pour y arriver il faudrait augmenter les salaires de 14%, soit pour chaque cheminot à statut, lui donner 4 positions d’un coup !

Si nous voulons que les salariés bénéficient de la croissance rapide du Produit Intérieur brut, il faudrait augmenter les salaires de près de 25 % !! Si nous voulons répondre à la forte demande de justice sociale, cela correspond à des augmentations de salaire uniformes de 450 € par mois pour tous les salariés.

Nous sommes loin du compte.


 

NEGOCIATIONS SALARIALES :

LES CHEMINOTS DOIVENT S’IMPOSER

 


A la SNCF, si les cheminots ont des hausses de salaire inférieures à la moyenne nationale des salariés, ce n’est pas le cas de tous. En effet, les bilans sociaux édités par la direction montrent que les 10 plus hautes rémunérations de la SNCF progressent d’année en année d’environ 15 % par an pour un « revenu modeste » de 2 346 082 € pour ces dix personnes en 2006

Quant à la part des salaires dans le chiffre d’affaires de la SNCF, elle baisse régulièrement, passant de 50 % en 2004 à 48,4 % en 2006 (elle était de 78,5% en 1981), ce qui prouve que l’augmentation de productivité ne profite pas aux cheminots. C’est intolérable. Les « négociations » salariales vont débuter et la SNCF propose toujours aussi peu d’augmentations d’année en année. Cette année, la direction joue sur tous les tableaux. Grâce à la réforme des retraites, elle va fortement économiser sur la part patronale de la cotisation retraite. En effet, elle versait un complément à la CPR pour compenser par exemple le maintien du calcul sur 37,5 annuités (maintenant on passe à 40 ans) et notre départ à 55 ans alors que de plus en plus de cheminots vont être obligés de rester après 55 ans. 

A cela s’ajoute l’annonce faite à la presse d’un bénéfice de plus de 700 Millions d’euros en 2007. Quand les comptes sont justes à l’équilibre, rien pour les salaires, quand ils sont excédentaires, c’est pareil ! Notre direction a toujours les mêmes mots à la bouche : « concurrence », « productivité ».

Le budget 2008 présenté au Comité Central d’Entreprise en est la traduction : encore 3% d’augmentation de productivité exigée sur notre dos pour la seule année 2008. Sans compter les réformes en cours, celle du RH0077 pour plus de flexibilité, les restrictions du droit de grève, l’autonomie du fret, etc…

« Le progrès doit être partagé par tous » proclame la publicité mensongère de la direction.


 

A SUD-Rail, nous revendiquons :

˜    Une augmentation uniforme de 250 Euros du salaire net mensuel,

˜    Un salaire minimum d’embauche de 1 350 Euros nets mensuels.

˜    Un treizième mois sur la base de calcul du salaire annuel moyen, prime de travail comprise, qui compte pour la retraite.

˜    Attribution d’une prime unique et uniforme de 1 350 euros payable en juin.

˜    Non hiérarchisation des éléments liés aux sujétions : primes, indemnités, gratifications, allocations… paiement pour tous, sur le taux le plus élevé (taux cadre).

˜    Le travail du samedi doit être rémunéré comme le travail du dimanche

˜    Prime de travail intégrée dans le traitement et calculée sur le code prime le plus élevé.

˜    Intégration de l’indemnité de résidence alignée sur le taux 1, dans le traitement.

˜    Attribution de l’indemnité de saisie à l’ensemble des agents, tous collèges confondus, ayant à consulter des fichiers informatiques, ou à saisir des données, quelle que soit la durée journalière de ces activités.

 

Les cheminots doivent faire entendre leur voix avec tous les salariés du public et du privé qui revendiquent et manifestent pour l’augmentation des salaires.

Et si nous le faisions tous ensemble ?

Par Syndicat SUD-RAIL de LILLE
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